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Cette nuit, je ne dors pas  

Cette nuit, les yeux gros comme une chouette, je cherche le sommeil

il n’est pas dans ma chambre apparemment

peut-être que la lune, presque pleine, l’a avalé tout rond

Je tourne et retourne dans les sentiers de mon lit, insiste pour que mes paupières baissent les rideaux, mais rien

 

Cette nuit, je ne dors pas

Je tourne et retourne les paupières de mes draps et cherche mes sentiers dans la noirceur de ma chambre

Cette nuit, je ne dors pas… alors j’écoute

 

L’histoire me parle de ma mère

Je marche son visage, ses rides marquées par le temps

qui n’existe pas vraiment mais laisse tout de même sa trace

cortèges de pattes d’oies aux coins de ses yeux minutieusement maquillés

Je glisse sur sa joue pour enfiler l’air qui sort doucement de son nez

elle respire

J’accroche alors mon cerf-volant pour apprécier la vue

pour apprécier la vie

et glisse à nouveau jusqu’au bord délicat de sa lèvre supérieure

 

Cette nuit, je ne dors pas

je voyage des terres si proches et si lointaines à la fois

celles de ma mère et de toutes ces femmes qui la précèdent

mères, filles, petites-filles, grands-mères, arrière- grands-mères,

Et moi, je suis là,

les yeux comme des comètes

je compte les vies qui habitent mon corps

ces constellations caramel jusqu’au coin de mes seins

petites et grosses pépites offertes en héritage

cette nuit, je ne dors pas, je vous vois

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